Votre lien avec Annecy ?
Mon ancrage ici est très simple, c’est l’enfance. Cela commence avec mon grand-père qui construit un chalet, le chalet de l’Amitié, avec une philosophie très simple ; tous les amis pouvaient y venir. De ce fait, pour moi, l’image du lac d’Annecy c’est un lieu de convivialité et de lien social. Je suis en train d’écrire un livre là-dessus. C’est l’endroit où l’on est capable de se reposer, de se rencontrer, tout en pratiquant du sport, des activités ludiques et culturelles. C’est un lieu de rencontre où la beauté, le calme, permettent un ressourcement personnel, c’est ça qui est important pour moi.

J’ai choisi 2 trajectoires professionnelles liées. La première où j’ai décidé d’habiter ici avec mon épouse et de créer des chambres d’hôtes pour recréer ce lien social et la rencontre. La seconde pour effectuer dans la mesure du possible ce pourquoi je me sens fais, à savoir organiser les échanges et les émotions à travers la fête et l’événement.

Pour moi, tout vient donc du lac d’Annecy et mon activité dans les feux d’artifice vient de la Fête du Lac. A 3 ans j’ai assisté à la Fête du Lac du centenaire de la réunification de la Savoie avec la France. Ce fut mon premier choc émotionnel, l’un des éléments déclencheurs de ma future passion. Il se trouve que cette même année il y avait également l’inauguration du chalet de mes parents. Il y avait donc non seulement cette fête institutionnelle organisée par la ville mais également la fête intime où les amis viennent.

Photo de Jean-Eric Ougier

On plantait encore à l’époque l’arbre sur le toit pour dire que la maison était terminée, le curé venait la bénir… C’était l’occasion pour toute une communauté de participer, c’était le lien social. Je suis passionné par ça. Je pense que le lac d’Annecy a tous les atouts du bien-être social. On a un cadre extraordinaire, un climat fabuleux, une activité économique qui permet, je l’espère encore pour longtemps, le travail, et la faculté de faire venir des touristes de toute part. Les étrangers viennent ici car c’est un lieu d’échange absolument privilégié. On est assis sur un site d’une richesse exceptionnelle, qui à mon avis aujourd’hui n’est pas encore exploité comme il devrait l’être. C’est exceptionnel, c’est beau, il y a de la culture, du sport… Il y a la beauté, la sérénité de l’eau, la sérénité de la montagne, bref il y a tout ce qu’il faut !  Je voyage beaucoup pour mon métier et je ne connais pas d’endroits où il y a tout cela réuni.

Peut-on dire que vous avez fait de votre passion votre métier actuel ?
C’est une certitude ! Je ne sais absolument pas faire la différence. Notre vie avec ma femme et mes enfants est une passion. Je ne sais pas quand je travaille, je ne sais pas quand je m’amuse. Enfin si, je sais quand je travaille ! C’est quand je suis angoissé… Je me dis « Pourvu que ça marche ! ». Mais c’est tout.  Je n’ai pas d’horaires, pas de jours de congé, pas de week-end, je ne sais pas ce que c’est au sens du travail habituel. Mais quand je fais ça je n’ai pas l’impression de travailler. Pour moi écrire un spectacle ce n’est pas un travail, enfin c’en est un mais c’est naturel. Au même titre que je suis capable d’aller nager ou marcher en montagne lorsque j’en ai ras le bol. Cela peut être un mardi après-midi et je prends mes chaussures et je pars skier ou marcher. Raconter comme ça, cela peut paraitre idyllique pour quelqu’un qui a des horaires obligatoires ; mais j’ai cette chance là. C’est une chance inouïe. J’en suis conscient. Créer, organiser, inventer c’est l’objectif de ma vie ; créer, c’est-à-dire faire des choses qui jusqu’à présent n’existaient pas ; quand on crée même quand on marche en montagne le cerveau travaille. L’esprit s’oxygène, on pense à autre chose et d’un seul coup ça vient.

Et d’ailleurs, comment peut-on nommer et définir votre métier ?
« Metteur en fête. » J’aime bien ce terme, c’est un de mes amis qui l’a défini ainsi. C’est une bonne expression car la fête n’est pas un spectacle mais le spectacle peut faire partie de la fête. Dans metteur en fête on pense aussi à metteur en scène, c’est-à-dire faire en sorte que la fête trouve sa place naturelle après un effort commun. C’est ça qui m’intéresse ! Mon métier est venu de là. Je suis capable d’organiser des grands spectacles, pas uniquement pyrotechniques même si on me connaît essentiellement pour le feu d’artifice, mais j’organise beaucoup de spectacles institutionnels, privés ou publics, où je fais des mises en scène. Je voudrais développer beaucoup plus cet aspect. Je cherche des partenaires privés notamment industriels car je pense qu’indépendamment du tourisme il y a aussi les habitants et que ce savoir-fête doit faire suite au savoir-faire. C’est-à-dire que quand quelqu’un vient travailler dans la région, il doit pouvoir trouver la satisfaction du travail, la satisfaction du sport aussi et de l’environnement naturel éventuellement, mais après il doit trouver la possibilité de faire la fête de rencontrer les autres ; je pense qu’actuellement on peut encore faire mieux sur Annecy, un de mes exemple est le Puy du Fou où toute une région se mobilise pour être ensemble et offrir le meilleur à ceux qui viennent parfois de très loin les visiter. Donc moi je cherche à développer ce savoir-fête, ce savoir au rassemblement, ce savoir se rencontrer, je pense que c’est hyper important.

Comment avez-vous commencé à « pratiquer » ?
C’est très simple j’ai des parents complètement géniaux qui m’ont poussé à 100% dans tout ça. Donc j’ai dessiné, j’ai lu, j’ai appris de manière empirique à faire des feux d’artifice. Mon père m’avait acheté de la poudre que je mélangeais dans le chalet. Je demande à tous les enfants de ne surtout pas faire ça ! Puisque j’ai tout de même fini à l’âge de 20 ans par un séjour d’un mois aux grands brûlés… Et puis j’avais la possibilité de m’exprimer, j’écrivais des pièces de théâtre, j’avais ça dans le sang je ne sais pas pourquoi… Je faisais également beaucoup de musique, je suis musicien. Tout ça s’est allié petit à petit progressivement. A 22 ans, après mes études de gestion financière et patrimoine, quand il a fallu choisir un métier, au lieu de gérer l’argent des autres, je me suis mis à produire mes premiers spectacles. C’est aussi simple que ça, je me suis lancé poussé par mon épouse du reste qui m’a dit « Tu as du talent, vas-y ! ». Donc j’ai écrit à l’époque à 80 personnes dont je pensais que je pouvais, soit attirer leur attention sur mon savoir-faire festif, soit leur demander de l’argent. Et 3 personnes m’ont répondu sur les 80. Ils ont été mes premiers clients et à partir de là je n’ai jamais connu de « panne » de travail. J’ai toujours eu du travail même si certaines fois j’angoisse car je ne vois pas le carnet de commandes se remplir. Puis à la fin de l’année bizarrement on a toujours beaucoup travaillé ! J’ai ainsi créé ma société « Fêtes et Feux » en 1981 puis les chambres d’hôtes de la Vallombreuse en 2000. Tout ça est lié, j’insiste bien, j’ai même une autre activité à Paris avec un magasin dans lequel il y a des articles de fête. J’insiste sur le lien social. Je crois qu’aujourd’hui plus que jamais les gens sont en attente de ça, ont ce besoin d’humain. A chaque fois qu’on leur en offre, quand il est sincère j’entends, sans arrière-pensée, les gens se précipitent pour pouvoir partager un bon moment, ils sont contents tout simplement. Le dernier exemple en date, malheureusement dramatique, c’est l’attentat de Charlie Hebdo. On a vu à quel point les gens ont été sensibles et désireux de se retrouver malheureusement autour de cet événement tragique. Et encore une fois, je pense qu’il ne faut pas se contenter de ce genre d’événements dramatiques pour se retrouver. La fête a toute sa place pour cela. Et aujourd’hui elle est abandonnée. On l’a transformée en animation et consommation de spectacles. Ce n’est pas ça la fête. La fête c’est le partage.

A ce jour, combien de spectacles avez-vous produit ?
Je n’en sais rien. Plusieurs milliers. Quand je faisais Versailles, Disney, ou encore le Futuroscope, les séances étaient nombreuses. Rien qu’au Futuroscope on en a fait 250 par an pendant 15 ans. Oui plusieurs milliers, mais qui vont du tout petit spectacle au très grand. C’est ma particularité. Chaque spectacle est une création. Nous n’avons jamais refait 2 fois de suite le même spectacle (sauf dans le cas d’un spectacle récurrent évidemment). C’est toujours une création même pour un petit budget. Je n’ai jamais refusé les petits spectacles, bien au contraire. Derrière un petit spectacle peut se cacher beaucoup de choses, on ne sait jamais à qui on a à faire. Le jeune marié ou même l’ado on ne sait pas ce qu’il va devenir dans la vie. Je vois à très long terme. Quelqu’un qui investit très peu d’argent à un âge peut par la suite devenir un client important. Du reste, quand les gens sont passionnés par la fête et le feu c’est pour la vie. S’ils y mettent un petit doigt c’est terminé. C’est une forme d’addiction mais plutôt positive. Ça laisse un souvenir extraordinaire ! Le feu est mythique dans le sens où il est profondément inscrit dans nos gènes. C’est l’énergie primaire qui depuis la nuit des temps est au service de l’Homme, pour le chauffer, pour l’éclairer, pour cuire sa viande, pour se défendre. Le feu d’artifice est la partie maîtrisée de cette énergie uniquement pour le plaisir. Je compare beaucoup ça au sexe, il y a un plaisir presque sensuel et sexuel avec le feu. Quand on arrive à le maîtriser on a une espèce de sensation incroyable. Par exemple, quel est l’enfant, quel est l’adulte, qui n’est pas fasciné devant un feu de cheminée ?

Photo de Jean-Eric Ougier, artificier

Vous avez réalisé tellement de grands spectacles (14 juillet de Paris, le Grand Feu de Saint-Cloud plus grand feu d’artifice d’Europe, les fêtes de nuits du château de Versailles, la Fête du Lac d’Annecy, les Fêtes des Lumières de Lyon, le Festival de Cannes…), avez-vous encore des rêves ?
Oui j’en ai tout le temps. D’abord j’aimerais faire quelque chose de notoirement plus important sur Annecy. C’est peut-être un rêve bête mais je pense qu’il y a possibilité de faire beaucoup mieux. J’ai également toujours eu des envies de spectacles sur la neige et en milieu naturel, un peu à la façon land art qui est une forme de spectacle plus condensé. Je trouve qu’il y a des façons d’investir des lieux qui peuvent être très beaux et notamment à d’autres périodes comme l’hiver. Je trouve que l’hiver est une période que l’on n’exploite pas du tout avec le feu d’artifice et la lumière. Le mois de décembre par exemple est un mois merveilleux. Quand je vois ce qui se fait à la Fête des Lumières à Lyon ; il ne s’agit pas de faire la même chose ; mais je pense qu’on peut illuminer de manière momentanée et notamment avec le feu, tous les sites autour de nous et les montagnes. Je pense à Annecy mais également aux stations.

Sinon je suis en train d’écrire un livre, c’était un autre rêve qui est donc en cours de réalisation. Cela permettra de répondre à des questions que les journalistes, les enfants et les adultes me posent régulièrement. Je vais raconter la façon dont je suis devenu artificier, c’est la mienne, il y en a sûrement d’autres. Je fais un travail avec une grande photographe, Micheline Pelletier, la femme d’Alain Decaux, sur la façon dont le feu d’artifice éclaire le monde. Je me positionne comme un peintre, le feu d’artifice a un effet immédiat en explosant dans le ciel mais il y a aussi une façon de l’utiliser pour mettre en valeur un site et c’est pour cela que je suis intéressé par le land art. A un moment on pourrait par exemple envisager de mettre 20 000 feux de bengales sur la Tournette, ça durerait peut-être que 2 minutes mais ça serait tellement beau ! Et ça, c’est la photo du siècle ! Je regrette une chose, quand il y avait les Jeux du lac il y a maintenant longtemps, on avait lancé 2 000 bengales sous parachute sur le lac. Cela a duré 1 minute et personne n’a pris de photo. Il y a juste une carte postale qui a été vaguement éditée car un garçon avait dû prendre une photo depuis le col de la Forclaz. Cette photo n’existe plus et c’est très dommage car c’était la photo !! Le lac était rouge, 2 000 bengales suspendus dans le ciel, un truc incroyable.

C’est ce genre de choses que j’aimerais bien faire donc oui, des rêves, j’en ai toujours !

Photo des Pyroconcerts

Vous réalisez également les Pyroconcerts qui ont lieu à Talloires et Aix-les-Bains, pouvez-vous nous présenter cet événement ?
Les Pyroconcerts c’est quelque chose que j’ai repris en route puisque cela s’appelait avant les Chants de la Nuit. Il y avait des musiciens sur l’eau et à la fin un feu d’artifice. On voudrait tout d’abord que cet événement parti de Talloires se ramifie un peu ailleurs. On aimerait que derrière le mot « Pyroconcerts » les gens qui viennent se disent « Je vais voir un pyroconcert et je suis sûr que ça va être beau ! » même s’ils ne connaissent pas les musiciens ou les acteurs à l’affiche. Un peu comme quand on va au Cirque du Soleil, on ne connait pas le nom des artistes, mais on sait que ça va être beau.

Ensuite j’ai reconsidéré un peu le concept.  La baseline du pyroconcert c’est le show musical pyrotechnique.
1/ C’est avant tout un concert en live avec l’énergie, l’émotion des musiciens quels qu’ils soient, que ce soit du classique, du jazz, de l’électro, du métal, du folk… et d’ailleurs l’édition 2015 sera un peu de tout ça mélangé !
2/ Il y a toujours un site et on essaie que ce soit un bel endroit, un pyroconcert n’a jamais lieu dans un endroit neutre. La Baie de Talloires en l’occurrence est un très bel endroit.
3/ On y ajoute un peu comme un cuisinier des ingrédients lumineux, visuels, qui font ressortir la musique, comme le sel dans un plat.

L’objectif comme je le disais, est que les gens qui viennent ne se demandent même pas s’ils aiment la musique, il faut qu’ils se disent c’est un pyroconcert donc ça sera bien. On va voir un vrai beau spectacle, aussi bien musical que visuel. Le visuel vient conforter l’émotion musicale et inversement. L’idée c’est que c’est un show musical, pyrotechnique, unique. C’est simplement du plaisir. On ajoute de l’image aux notes de musique et on insiste sur le live qui est très important. Il y a aussi cette volonté de ne pas être dans le spectacle très bien réglé. Dans les Pyroconcerts, je veux aussi que les artistes soient en communion avec le public, qu’il y ait une sorte de discussion, que ce ne soit pas parfait, que l’on se rende compte que l’artiste n’est pas sur un piédestal, qu’il est simplement là pour donner du plaisir aux spectateurs. J’insiste sur le plaisir car je suis un fervent hédoniste, j’ai toujours recherché dans ma vie et je recherche dans tout ce que je fais le plaisir. Il faut que ce soit beau, il faut que ce soit bon, il faut que ce soit plaisant, il faut que ce soit tactile… Je suis un défenseur de tous les plaisirs de cette terre.

Des nouveautés à annoncer pour l’édition 2015 ?
La première nouveauté c’est qu’on repasse à 3 concerts et non pas 2.
Du reste, le champ de nos styles musicaux est étendu : fun, soul, jazz, folk, classique… On aura Hugues Aufray pour le folk, François René Duchâble est lui toujours présent pour le classique. On aura également la chance inouïe d’avoir à Talloires, Nina Attal. A 22 ans, elle est déjà parmi les plus grands du jazz au niveau mondial. Auteure-compositrice de surcroît, elle cumule tous les talents ! Puis nous accueillerons dd’s brothers qui est un jeune groupe local qui va faire une évocation des années 70 à l’échelon international. Ils sont formidables. J’ai travaillé avec eux plusieurs fois à titre privé. Ce sont des gens qui sont réclamés par les plus grandes réceptions de la jet set mondiale. Jusqu’à présent ils ne se produisaient pas en spectacle. Pourtant ils mettent le feu ! Dora la chanteuse a un talent de communication fou avec le public et une vraie présence sur scène.

Qu’est-ce qui différencient les Pyroconcerts de Talloires des autres spectacles ?
On fait faire des tas de trucs différents aux artistes que l’on fait venir. On fait venir des artistes qui n’ont rien à voir, on mélange les genres. Hugues Aufray et François-René Duchâble n’ont rien à voir à priori pourtant ils vont jouer ensemble, ils vont faire un bœuf ensemble. Il peut y avoir des petits temps d’attente, c’est un spectacle qui n’est pas réglé, écrit au sens d’un show en tournée. Hugues Aufray ne vient pas faire sa tournée, il vient jouer à Talloires, discuter avec le public. Quand je parle de spectacle pas réglé c’est plutôt ce côté-là, les interactions entre les lumières étant elles bien programmées même s’il m’arrive de jouer en live. C’est cela qui est intéressant, c’est un laboratoire expérimental, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. Mais comme pour la cuisine, au final comme tous les ingrédients musicaux, lumineux… sont beaux et bons, le rendu final est toujours intéressant.

Magnifique spectacle son et lumières lac d'Annecy

Votre métier laisse-t-il la place à d’autres passions  ?
Une tonne ! Pour pouvoir les exercer je délègue énormément. Je fais confiance à toutes mes collaboratrices et collaborateurs, ça me laisse un peu de temps.
J’adore ma famille pour commencer.
J’adore la nature : marcher, jardiner. J’adore le sport, j’en fais en moyenne une heure par jour, je marche, je skie, je fais du canoë, je nage… Je suis très attaché au côté aquatique, je nage tous les jours, j’ai besoin de ça, je ne sais pas pourquoi…
Je lis beaucoup, j’adore lire. J’écris.
J’adore boire, sans être alcoolique !
J’adore les bons dîners, aller au restaurant.
J’aime beaucoup voyager. J’adore rencontrer.
J’aime beaucoup le théâtre, toutes les formes de spectacles : musique, danse, théâtre, cirque. Dès que je peux sortir je sors, j’aime tout ce qui est créatif. On peut avoir ici des places à des prix accessibles quand on sort, au regard des spectacles privés sur Paris où j’habitais avant. Quand on voit par exemple le prix des spectacles proposés par Bonlieu Scène Nationale, on se dit qu’on a de la chance même si cela reste néanmoins cher pour certains.
Le lac d’Annecy est un merveilleux lieu pour exercer toutes mes passions, je ne suis pas venu habiter ici par hasard ! Du matin au soir on peut travailler, faire du sport, le soir on peut bien manger. On peut aussi sortir et faire la fête. Je ne m’ennuie jamais.

Depuis quand habitez-vous ici ?
Annecy était pour moi le lieu des vacances, mon père a acheté le terrain le jour de ma naissance. Cela fait donc 57 ans que je viens à Annecy. Mais j’y habite définitivement depuis l’an 2000.

Jean-Eric Ougier, metteur en fête

Vous avez rénové une partie de votre maison en chambres d’hôtes : la Vallombreuse. Pouvez-vous nous présenter ce lieu ?
On s’est endetté à 100% quand on a acheté cette maison avec ma femme : pour l’acheter et pour la restaurer car elle était en grande partie en ruine. L’idée c’est de faire un lieu qui soit le plus proche possible du paradis terrestre. C’est d’abord un lieu où l’on vient pour le calme. Également le beau, le simple, la nature et un endroit où l’on peut prendre le temps de penser, de contempler, de lire, de méditer. Les gens qui cherchent le luxe, au sens « bling-bling », il ne faut pas qu’ils viennent chez nous. Chez nous ce sont des matières nobles, du bois, de l’espace. On a voulu nos chambres très spacieuses, environ 800m² pour 5 chambres suites et espaces communs, ce qui permet d’avoir des endroits permettant d’être au calme sans possibilité de croiser quelqu’un tout en disposant d’autres endroits de vie commune. Pour moi le luxe c’est l’espace. Ce n’est pas tapageur, mais chaque année on améliore. Il manque encore un spa, il y en aura un un jour !

Le lac d’Annecy en 3 mots ?
Beauté, paisible et variété

Votre saison préférée et pourquoi ?
L’automne il n’y a aucun doute. Au niveau de la beauté c’est le summum, il y a tout ! On peut encore profiter de l’eau. Il y a des couleurs incroyables au niveau des contrastes et il y a déjà la neige sur les sommets.  Je suis toujours en manque de pouvoir tout faire et je trouve que l’automne on peut tout faire. Du 1er octobre au 10 novembre c’est merveilleux. A cette période ma

femme veut toujours m’emmener en voyage, mais moi je ne veux pas, c’est l’époque où j’ai envie d’être là ! Du reste, les journées sont suffisamment courtes pour pouvoir profiter de nos intérieurs. J’adore nos intérieurs savoyards quand ils sont bien conçus, notamment avec la pierre et le bois, le feu de bois… Je trouve ça génial, l’idée que la nuit tombe et que l’on se regroupe ensemble… Je suis obnubilé par la rencontre ! C’est sympa de se retrouver autour d’un plat alors qu’il commence à faire frais dehors. On a bien profité de la journée, on a fait du sport…, on a été émerveillé puis là on se retrouve et on peut partager. Ça marche aussi pour l’hiver mais il fait moins chaud…

Votre plat régional préféré ?
Si je devais donner un plat, ce serait la fondue savoyarde mais je trouve ça un peu réducteur. J’opterai plutôt pour le fromage au sens large et sa diversité. Je suis un fou de fromage, les persillés, les chevrotins, les tommes de brebis, le bleu de Termignon, l’Abondance…

Une expression locale ?
Dré dans l’pentu !

Photo des Pyroconcerts à Talloires

Votre événement favori  ?
Les Pyroconcerts évidemment !

Votre petit coin de paradis ?
Il y en a tellement…
Déjà chez nous (à la Vallombreuse), ça c’est clair et c’est vrai. Tous les matins je me lève et je me dis « Qu’est-ce que j’ai de la chance ! ».
Ensuite au Palace Beach à Menthon-Saint-Bernard. Non pas parce que c’est à Menthon mais parce que quand on y est on a quasiment plus de référence au construit humain. On ne voit que le lac. C’est un lieu qui associe la vue ; notamment au mois de mai quand les eaux remontent du fond et que le lac devient bleu lagon ; et le fait qu’on mange bien, je trouve ça fabuleux !
J’aime aussi beaucoup le Semnoz, le Roc de Chère, en pleine nature et la vue plongeante sur la baie de Talloires qui est un vraie bijou.

Un endroit pour s’évader en amoureux ?
J’aime beaucoup les Aravis et notamment le col des Annes.
J’aime aussi bien aller au Chalet du Lac au bord du lac des Confins, mais pas en plein été car il y a trop de monde, plutôt en intersaison.

Une superbe journée en famille ?
Au ski sans hésitation ! A la Clusaz ou au Grand Bornand. Et la journée se termine au restaurant les Terres Rouges au Grand Bornand, un endroit où l’on aime bien être tous ensemble. Le ski c’est un lieu de partage extraordinaire, tout le monde trouve son compte, doué ou pas. On est bien au soleil, les gens sont heureux, habillés de toutes les couleurs. On a bonne mine, on se prend en photo…
Sinon au restaurant pour partager un moment ensemble. Au Confidentiel à Menthon-Saint-Bernard par exemple, un lieu exceptionnel en rapport qualité/prix. D’autres restaurants méritent le détour : le Minami, la Courette du Faubourg, l’Esquisse, le Denti ou encore l’Aromatik. De nouveaux petits restaurants qui sont en train de redonner un souffle à la ville d’Annecy et aux environs. On a enfin des restaurants où l’on peut envoyer nos hôtes. Les hôtes anglo-saxons et suisses notamment viennent ici pour bien manger. Le café de la Place à Talloires dans le style « bouchon lyonnais » et le restaurant le tennis de Menthon sont 2 autres lieux que j’aime beaucoup.

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